11 novembre 1918 - l'extinction des feux
Corps de Trompettes de la Musique Royale des Guides belges

LES CONCLUSIONS GENERALES

Que retenir de la première guerre mondiale en général et de la bataille de Belgique en particulier ?

Chapître 1: Les responsables du conflit
2 hommes forts chez nos adversaires: les Empereurs Guillaume II (Allemagne) et François-Joseph (Autriche-Hongrie). 2 hommes qui sont téléguidés par leur chancelier respectif qui poussent au conflit: Theobalt BETHMANN-HOLLWEG pour l'Allemagne et le Comte Léopold BERCHTOLDpour l'Autriche-Hongrie.
L'Autriche-Hongrie voulait pousser la Serbie à la guerre. Guillaume II, sous de faux airs de négociateurs, poussaient François-Joseph dans cet objectif. La Russie voulait s'étendre dans les Balkans, ce qui déplaisait à l'Autriche-Hongrie. L'Allemagne voulait plus d'espace (cela n'a jamais changé, voyez WW2). La France voulait sa revanche de 1870 et reprendre l'Alsace-Lorraine. Mélangez tout cela et vous aurez tous les ingrédients de la première guerre mondiale.
Des hommes politiques, imbus de leur personne, ne cherchant pas la paix, voulant à tout prix un conflit, vont mener le monde entier dans une déflagration épouvantable qui va coûter des millions de tués. Et après la guerre, Guillaume II passera une retraite paisible aux Pays-Bas, François-Joseph étant décédé durant la guerre.
Une première réflexion personnelle:
"Tous les conflits ont été provoqués par les politiques "avides de sang". Mais ils sont les premiers à "foutre le camp" une fois le conflit déclenché. Les Français à Bordeaux et les Belges à Saint-Adresse (près du Havre) sans parler des conflits actuels. En '40, les politiques belges se réfugieront en Angleterre. Ils laisseront à chaque fois, le Chef de l'Etat seul au pays. Et ce sont les pauvres soldats qui n'ont rien demandé qui vont trinquer et se faire tuer, parfois très loin de leurs foyers, à cause de personnages souvent incompétents et certainement se sentant à l'abri de tous reproches.

Chapître 2: le déclenchement du conflit

L'Autriche-Hongrie va profiter de l'assassinat de l'héritier à Sarajevo le 28 juin pour déclarer la guerre à la Serbie, un tout petit pays. Il faut bien reconnaitre que l'Allemagne a fait une sacrée pression sur François-Joseph pour qu'il en soit ainsi. L'Allemagne, alliée de l'Autriche-Hongrie, est obligée de déclarer la guerre à la Russie le 1 août. le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France. La Belgique est envahie le 4 août sans déclaration de guerre. L'Angleterre et la France, en vertus des traités, répondent favorablement à l'appel de la Belgique. L'Angleterre, alliée de la Russie, déclare la guerre à l'Allemagne le 5 août. Ce que ces derniers croyaient pouvoir éviter. Ce qui entraine de facto, l'entrée en guerre du Commonwealth, entre autres les Canadiens, les Australiens, les Néo-Zélandais et les Indiens. Mais la Serbie est l'alliée de la Russie. La Russie va donc aider les Serbes. Enfin, le 11 août, la France, alliée de l'Angleterre, déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie. Et c'est ainsi que nous sommes partis pour une guerre mondiale qui va durer 4 ans.
Et nous, me direz-vous ? Notre petit pays était dans les plans allemands depuis bien avant 1910. Le haut Etat-Major impérial voulait passer par la Belgique afin d'envelopper les armées françaises et prendre Paris à revers. C'était le plan Schlieffen. Guillaume II toujours cru que son cousin, Albert I, par lien familial, le laisserait passer. Mais notre Souverain lui a répondu:

"Il est vrai que je suis un Saxe-Cobourg mais je suis avant tout le Roi des Belges."

Ainsi donc, la Belgique, petit pays, va envoyer ses soldats défendre la mère-patrie. Notre armée, mal équipée, en pleine restructuration, avec peu d'officiers (voir la bataille de Liège) va être héroïque. Avec un peu plus de 110.000 hommes, elle va résister aux hordes barbares. A armes égales s'entend, les Allemands ne passeront nulle part et seront toujours battus. Mais le surarmement (grosses pièces d'artillerie) et les centaines de milliers de soldats finiront par avoir raison de notre résistance. Nous nous retirerons sur l'Yser où nous résisterons 4 ans.

Chapître 3: les origines de la victoire de la Marne

L'armée belge va résister 12 jours (du 4 au 16 août). Malheureusement, dès le 6, le Général Gérard LEMAN, commandant la 3e Division d'armée à Liège va commettre une grosse erreur qui, j'insiste, ne lui est pas imputable. Son GQG ayant été attaqué par un détachement allemand qui s'était perdu, il a été obligé de fuir et de se retrancher dans le Fort de Loncin. Là, n'ayant plus de communications avec ses commandants de brigade, il ordonne à toute la 3e division de se retirer dans le secteur Loncin-Hollogne afin d'aller ensuite se placer sur la Gette. De telle sorte que les forts vont être livrés à eux-même jusqu'au 15 août, date de l'explosion du Fort de Loncin, qui ouvre la voie vers Bruxelles. Sans cette erreur, il est probable que les Belges auraient pu encore résister plusieurs jours.
Pendant la bataille de Liège, la Cavalerie belge va remporter une éclatante victoire sur le II.KavalerieKorps allemand à Halen. Le siège de Namur ne va pas durer longtemps car les Allemands apportent directement leurs grosses pièces. L'armée belge se retranche autour d'Anvers où le siège va durer jusqu'au 10 octobre. Les Belges, par leur résistance, vont mobiliser à Anvers plus de 150.000 Allemands qui vont cruellement leur manquer lors de la Bataille de la Marne.
Les Français et les Britanniques vont tenter d'endiguer l'avance allemande avec la bataille des frontières et les batailles de Charleroi et Mons. Ce sont des actions retardatrices qui vont permettre aux Alliés de se mettre en position de résister et d'amener sur le front de la Marne des dizaines de divisions d'autres secteurs.
Les Belges s'étant retranchés sur l'Yser, ils vont organiser une ligne de défense avec la brigade de fusiliers marins de l'amiral Ronarc'h et des éléments britanniques.
Une deuxième réflexion personnelle:

La résistance belge va être grandiose et quoi qu'on en dise, bien organisée. Les piottes, avec des officiers courageux et astucieux vont rendre coup pour coup aux Allemands ne lâchant du terrain que contraint et forcé ou submergés par le nombre. Mais ils vont payer le prix fort: des dizaines de milliers de tués, blessés ou disparus. Des centaines de civils vont être tués par les barbares germains (le mot n'est pas trop fort), encouragés par leurs officiers. Mais la Belgique est ainsi. Pays épris de paix mais résistant lorsqu'on touche à son territoire ou à ses sujets, la Belgique a toujours respecté ses engagements. Comme le Roi Albert I le disait au Parlement le 4 août:

"Un pays qui se défend s'impose au respect des autres. Ce pays ne périra pas."

Chapître 4: La Victoire de la Marne

Cette victoire fut chèrement acquise. De nombreuses divisions furent transportées par train dans ce secteur en provenance du Sud de la France, d'Afrique du Nord, de Lorraine, etc.... Plusieurs éléments convergèrent vers cette victoire:
1. L'Héroïque résistance belge
2. L'envoi rapide de divisions sur la Marne
3. Un ordre de von MOLTKE à von KLUCK, modifiant le plan Schlieffen, de passer au Nord de Paris au lieu de l'Ouest. (voir erreurs allemandes)
4. Cette décision, parfaitement comprise par le Général GALLIENI, Commandant la Défense de Paris, va entraîner une réaction de ce dernier qui va pousser sa 6e armée (Général MAUNOURY)plus au nord et attaquer le flanc de la I.Armee
5. Plusieurs batailles, au sein même de la bataille de la Marne, vont permettre d'arrêter définitivement les Allemands. Mieux, les troupes franco-britanniques vont repousser les Allemands sur l'Aisne. A partir de ce moment, la guerre de mouvement prend fin. Commence alors la guerre de position ou de tranchées.
Comme dit plus haut cette victoire va coûter cher en vies humaines. Les pertes sont expliquées dans la page "Bilan"

Chapître 5: Mes conclusions

N'étant pas historien, je le répète, je ne puis me référer qu'aux documents et recherches entreprises.
Il est incontestable que la résistance belge a été un élément très important de la victoire de la Marne. En mobilisant 120.000 Allemands devant Liège, puis 150.000 devant Anvers, ils sont parvenus, au prix fort, à soustraire un nombre important de soldats destinés à la prise de Paris.
On peut raisonnablement attribuer la victoire de la Marne au Général GALLIENI et non au Général JOFFRE. Car Joffre répugnait à accepter une idée de ses subalternes. Et c'est Galliéni qui a forcé Joffre à le laisser avancer avec sa 6e armée. Quasiment en permanence, ses propres erreurs étaient imputées à ses subalternes. Du 4 août au 12 septembre, plus d'une centaine de généraux (dont 2 commandants d'armée) ont été limogés par Joffre. Et la série ne s'est pas arrêtée après. Il est directement responsable de la mort de centaines de milliers de soldats lors d'offensives inutiles pour quelques mètres de gagné ou perdu. Et son successeur, le Général NIVELLE, sera encore pire. En général, les générallissmes successifs seront des généraux coupables d'offensives à outrance sans soucis des pertes. Des offensives qui n'apporteront rien ou pas grand chose. A de multiples reprises, le Roi Albert I s'est oppposé à faire participer l'armée belge à ce type d'offensive. D'abord avec JOFFRE puis avec FOCH. Ce dernier concédera toutefois à lui confier le commandant du Groupe d'Armées des Flandres. Une preuve évidente que le Roi Chevalier était dans le bon.
La victoire de la Marne est certes une victoire éclatante car c'était la première et c'est surtout un coup d'arrêt définitif à l'avancée allemande. Il est toujours très facile de réécrire l'histoire. Mais deux questions restent d'une brûlante actualité encore en 2017: Que se serait-il passé si von MOLTKE n'avait pas modifié le plan Schlieffen ? Que serait-il passé si Liège n'avait pas résisté durant 12 jours ? Personne ne peut apporter de réponse définitive.
Pour le reste de la guerre, l'armée belge, à l'Yser, s'est défendue avec acharnement avec à ses côtés, tantôt les Français, tantôt les Britanniques (Canadiens et/ou Anglais et/ou Néo-Zélandais) ou encore les Portugais. La défense de Dixmude en est un exemple flagrant. Pour arriver à cela, il a fallu des officiers valeureux, astucieux, au milieu de leurs hommes, à l'instar d'un Général JACQUES.
D'une manière générale, il est hautement regrettable que l'on parle très peu ou pas du tout des combats de l'armée belge sur Internet. Tout ou presque est concentré sur les combats des Alliés, Belges non compris.
Et c'est un peu un coup de g... que je porte ici car sans nos soldats belges, on ne parlait plus de victoire de la Marne ni de victoire tout court. Et j'en veux un peu aussi aux historiens de publier sur Internet trop peu de récits de nos piottes. Bien sûr, il y a en Belgique le CEGES et le Musée de l'Armée qui recèlent énormément de documents. Mais quel citoyen va aller consacrer une journée ou plus à lire des documents souvent partiels car consacrés à un point précis de l'histoire. Et c'est aussi ici la plus importante raison pour laquelle j'ai voulu faire ce site afin de mettre à l'honneur nos troupes. On en parle beaucoup trop peu.
Nos concitoyens doivent savoir ce qu'on fait nos soldats, même en '40 d'ailleurs. Il ont fait honneur à leur Roi, à leur Pays, à leur Drapeau, à leurs frères et soeurs. Ils méritent, chaque soldat pris en particulier, toute notre reconnaissance et tout notre respect pour ce qu'ils ont enduré durant 4 ans.
Je terminerai ces conclusions en vous remerciant d'avoir pris le temps de parcourir ce site et j'espère que le devoir de mémoire, ojectif principal de ce site, sera pour longtemps dans vos esprits.

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